ROI de la prévention des RPS : études et calcul pas à pas
Fondateur d'Odana
ROI de la prévention des RPS : ce que valent les 2,2 € par euro investi des études, leurs limites, et un calculateur de point mort à refaire avec vos chiffres.
Plusieurs études sur le retour sur investissement (ROI) de la prévention des risques professionnels aboutissent au même ordre de grandeur, 2,2 euros par euro investi1. L'Association internationale de la sécurité sociale (AISS) a obtenu 2,19 euros à partir d'entretiens menés dans 300 sociétés de quinze pays2. Les chefs d'entreprise y déclaraient les coûts et les bénéfices de leur prévention en général2. Ce chiffre ne vient donc pas d'une étude sur les risques psychosociaux (RPS). Les auteurs de l'étude en reconnaissaient eux-mêmes les limites2.
Pour le ROI de la prévention des RPS, les études sur les interventions penchent dans le même sens, mais avec des écarts considérables. L'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) juge ces interventions rentables « lorsqu'elles sont bien organisées et mises en œuvre »3. Aucune étude ne donne pour autant un chiffre transposable à votre entreprise. Pour convaincre une direction, construisez donc votre dossier sur vos propres données. Comparez-y le coût du programme aux absences et aux départs à éviter. Le point mort entre les deux devient l'argument central. Il donne le nombre de jours d'absence à éviter pour couvrir ce coût.
À retenir
- Ce qui est obligatoire : prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs ; à partir de cinquante salariés, fixer aussi pour chaque mesure du programme annuel de prévention des indicateurs de résultat et l'estimation de son coût.
- Ce qui est recommandé : citer les ratios publiés comme des ordres de grandeur, avec leurs limites, et fonder la demande de budget sur un point mort calculé avec vos chiffres.
- Par où commencer : diviser le coût du programme sur trois ans par le coût direct d'une journée d'absence, puis comparer ce nombre de jours aux absences de l'unité la plus exposée.
- Où Odana intervient : le questionnaire et le volet RPS du document unique, pour un abonnement fixé par l'effectif, soit 1 290 € HT par an en offre Essentiel de 50 à 249 salariés.
Ce que mesurent vraiment les études sur le ROI de la prévention
Les études publiées mesurent des choses différentes. N'additionnez donc pas leurs chiffres. Le tableau ci-dessous les classe selon ce qu'elles mesurent réellement.
| Étude | Ce qui est mesuré | Résultat | Limite principale |
|---|---|---|---|
| AISS, 2011, présentée par l'INRS | La prévention en général, d'après les déclarations des chefs d'entreprise de 300 sociétés de 15 pays | 2,19 euros de bénéfice par euro dépensé2 | Biais de sélection des répondants ; évaluation des coûts peu rigoureuse |
| Projet benOSH, 2011, cité par l'EU-OSHA | 56 interventions de prévention proposées, en santé et sécurité au travail | 1,29 euro de bénéfice par euro investi sous hypothèses prudentes, 2,18 sinon4 | Résultat qui dépend fortement des hypothèses de calcul |
| OPPBTP, organisme de prévention du bâtiment et des travaux publics, cas publiés en 2013 puis complétés en 2014 | Actions de prévention sur les chantiers, chiffrées avant et après | 2,20 euros de gains pour 1 euro engagé ; dépense couverte en 1,5 an en moyenne5 | Secteur très physique ; 70 % des gains en productivité |
| Matrix, 2013, cité par l'EU-OSHA | Promotion de la santé mentale et prévention des troubles mentaux au travail | Bénéfice net pouvant atteindre 13,62 euros par euro dépensé, en un an3 | Borne haute, pas une moyenne |
| Programme SWiNG, Suisse, cité par l'EU-OSHA | Interventions sur le stress dans huit grandes entreprises | 755 francs suisses de coût par salarié sur deux ans et demi ; 195 de bénéfice par salarié et par an3 | Coût non couvert sur la durée du programme |
| Organisation mondiale de la santé (OMS), 2016 | Traitement de la dépression et de l'anxiété dans 36 pays, de 2016 à 2030 | 4 dollars de retour pour 1 dollar investi6 | Soins à l'échelle de pays entiers, gains de santé inclus |
Le ratio de l'AISS a des limites que ses auteurs mentionnaient déjà. L'INRS en relève deux : un biais de sélection des entreprises répondantes et une méthodologie d'évaluation des coûts peu rigoureuse2. Dans ce type d'étude, les gains sont aussi « en grande partie estimés par des avis »1. L'institut y voit un biais positif probable, parce que les entreprises qui participent sont favorables au sujet1.
Un bénéfice de 2,2 euros par euro dépensé correspond à environ 1,2 euro de gain net. Ce bénéfice inclut des gains immatériels convertis en euros1. Les entreprises interrogées pour l'AISS citent en tête deux avantages financiers : la motivation et la satisfaction des salariés, et l'image de l'entreprise1. Ce sont aussi les deux postes les plus difficiles à retrouver en comptabilité.
Pour l'INRS, ramener ces études à « un ratio de l'ordre de 2,2 » n'est « probablement pas bénéfique à long terme »1. L'institut note que cette réduction à un chiffre global « ouvre la porte à sa critique »1.
L'encyclopédie en ligne de l'EU-OSHA cite le résultat plus prudent du projet benOSH. L'équipe du projet a soumis 56 interventions de prévention proposées à une analyse coûts-bénéfices4. Le bénéfice ressort à 1,29 euro par euro investi sous hypothèses prudentes, et à 2,18 euros sous hypothèses moins prudentes4. La formation et les équipements de protection individuelle y obtiennent les valeurs les plus basses4.
L'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) a suivi une autre voie. Ses conseillers ont établi un bilan économique avant et après chaque action étudiée5. Le rendement consolidé ressort à 2,20, et le bilan net est positif dans plus de 90 % des cas5. La dépense est couverte en 1,5 an en moyenne5.
Ce résultat vient pourtant d'un secteur que l'OPPBTP décrit comme marqué par « la dimension physique de ses métiers »5. Les gains y viennent à 70 % de la productivité, et l'OPPBTP reconnaît qu'il est « parfois difficile de garantir ensuite l'utilisation intégrale » de ces gains5. Aucune des sources citées ici ne fournit d'équivalent chiffré avant et après pour des actions sur les RPS en France.
Pour les RPS, la revue de l'EU-OSHA rassemble des résultats plus dispersés. Selon le rapport Matrix de 2013, un euro dépensé en promotion et en prévention génère un bénéfice économique net « pouvant atteindre 13,62 EUR en un an »3. C'est une borne haute. LaMontagne et ses collègues ont examiné 90 études d'intervention sur le stress, dont huit seulement comportaient une analyse coûts-avantages, toutes favorables3.
Hamberg-van Reenen et ses collègues ont consacré une autre revue à des interventions de santé mentale au travail aux États-Unis. La qualité de méthode y est faible ou moyenne pour trois évaluations économiques sur quatre, même si les quatre concluent à un rapport coûts-avantages positif3. En revanche, une seule des six interventions de retour au travail affichait un rapport coût-efficacité positif3.
Dans le programme suisse SWiNG, huit grandes entreprises totalisaient plus de 5 000 salariés. Elles ont mené des interventions sur le stress de 2008 à 20113. Par salarié, le programme a coûté 755 francs suisses sur deux ans et demi, pour un bénéfice moyen estimé à 195 francs par an3. Le bénéfice couvre environ 65 % du coût, même compté sur les deux ans et demi entiers. L'EU-OSHA précise que les avantages de ces interventions « se verront à long terme »3.
Le « quatre pour un » de l'OMS porte sur le développement du traitement de la dépression et de l'anxiété dans 36 pays, de 2016 à 20306. L'OMS estime le coût de ce développement à 147 milliards de dollars6. En face, elle valorise 399 milliards de gains de participation au travail et de productivité, et 310 milliards de gains de santé6. Les seuls gains de productivité représentent environ 2,7 fois le coût, mais l'OMS les mesure à l'échelle d'économies entières. Citer une fourchette « de 2 à 4 euros par euro investi » revient donc à rapprocher deux chiffres de nature différente. L'un vient d'entreprises, tous risques professionnels confondus, l'autre de la santé publique.
Ce qu'un dossier d'investissement peut compter
Les directions financières appellent business case le dossier d'investissement. Dans ce dossier, comptez seulement ce que l'entreprise supporte elle-même. Pour l'EU-OSHA, les coûts financiers directs sont en Europe principalement payés par la société, via les systèmes publics de santé3. Les entreprises subissent surtout l'absentéisme et le présentéisme, soit la présence au travail malgré un problème de santé. Elles subissent aussi la baisse de productivité et la rotation du personnel3.
Au régime général, la cotisation accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) est tarifée selon l'effectif de l'entreprise. La tarification est collective sous 20 salariés, mixte de 20 à 149, individuelle à partir de 1507.
L'Alsace-Moselle fait exception. Dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, la tarification reste collective sous 50 salariés8. Le seuil de la tarification individuelle y passe à 300 salariés pour le bâtiment et les travaux publics8.
Le code de la sécurité sociale fonde le taux collectif sur la valeur du risque de l'ensemble des établissements de la même catégorie de risque9. Le taux individuel repose sur la valeur du risque des trois dernières années connues9. À partir des cotisations dues en 2027, il se calcule au niveau de l'entreprise, hors Alsace-Moselle9. Il couvre alors l'établissement, ou l'ensemble des établissements d'une même catégorie de risque9. Concrètement, sous 20 salariés, ou sous 50 en Alsace-Moselle, votre taux suit donc le risque de l'ensemble de votre catégorie. À partir de ces seuils, l'effet d'un accident évité n'apparaît qu'avec retard. Le guide pour calculer le coût de l'absentéisme poste par poste détaille ce mécanisme.
Il reste à estimer la part des absences et des départs qui tient aux RPS. Aucune convention ne fait autorité, et les repères publiés divergent. L'EU-OSHA cite la formule de Tangri. Pour une estimation prudente, Tangri retient 19 % du coût de l'absentéisme3. Il impute aussi au stress 40 % du coût de la rotation du personnel3. Le CIPD est l'institut britannique des professionnels des ressources humaines. Ses lignes directrices citent 30 à 60 % des absences liées au stress3. Ce repère vient du service de santé écossais. Pour la rotation du personnel, le CIPD retient 19 %3.
Pour les absences, ces deux repères n'ont pas le même dénominateur. Tangri parle d'une part du coût de l'absentéisme, le service écossais d'une part des absences. Les confondre suppose qu'une absence liée au stress coûte autant qu'une autre, or aucune de ces sources ne l'établit. Retenez le repère que Tangri présente comme prudent, soit 19 % du coût de l'absentéisme. Écrivez-le en tête du dossier. Dans le simulateur de coût des risques psychosociaux, réglez cette part comme un paramètre, avec vos propres chiffres.
Ce que la loi impose déjà : estimer le coût de chaque mesure
La prévention des RPS est obligatoire, que son retour soit positif ou non. Le code du travail impose à l'employeur de prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs »10. Avec le dossier d'investissement, la direction choisit donc seulement quoi financer, et dans quel ordre.
Les principes généraux de prévention orientent ce choix. Ils commandent notamment de « combattre les risques à la source »11. Ils demandent aussi de planifier la prévention en y intégrant « l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales »11. À coût égal, ces principes plaident donc pour une action sur l'organisation du travail avant une formation individuelle à la gestion du stress.
À partir de cinquante salariés, une partie du dossier est déjà obligatoire. L'employeur transcrit les résultats de l'évaluation des risques dans le document unique d'évaluation des risques professionnels12. Ces résultats débouchent sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail12. Pour chaque mesure, ce programme fixe « ses conditions d'exécution, des indicateurs de résultat et l'estimation de son coût »12.
Le code exige donc une estimation du coût et des indicateurs, mais il ne demande pas d'estimer le gain attendu en euros.
Sous cinquante salariés, les résultats débouchent sur la définition d'actions de prévention, dont la liste est consignée dans le document unique12. Le document unique est mis à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins onze salariés13. Le programme annuel est mis à jour à chaque mise à jour du document unique, « si nécessaire »13.
Calez le point d'étape de votre dossier sur ce calendrier. À chaque mise à jour, vous remplacez une hypothèse par un chiffre constaté. Choisissez les indicateurs de résultat avec le tableau de bord des indicateurs RPS.
Le calculateur du dossier d'investissement, ligne par ligne
Le calculateur ci-dessous sépare les coûts du programme, les gains que l'entreprise encaisse et ce qui reste hors calcul. Pour chaque ligne, la dernière colonne indique où trouver la donnée.
| Ligne | Ce qu'on y inscrit | Où trouver la donnée |
|---|---|---|
| C1. Prestations et outils | Abonnements, intervenants et formations, en euros hors taxes | Devis et factures |
| C2. Temps des salariés | Heures de questionnaire, de groupes de travail et de pilotage, multipliées par le coût horaire chargé | Paie et plannings |
| C3. Actions décidées | Renforts, réorganisations et aménagements, coûts récurrents compris | Budget et devis |
| G1. Absences évitées | Jours d'absence évités sur l'unité visée, multipliés par le coût direct d'une journée d'absence | Paie et factures d'intérim |
| G2. Départs évités | Nombre de départs évités, multiplié par le coût complet d'un départ | Système d'information RH et coûts de recrutement |
| G3. Cotisation AT/MP | Baisse de taux appliquée à la masse salariale, hors tarification collective (sous 20 salariés, sous 50 en Alsace-Moselle) et avec retard | Notification annuelle du taux |
| Hors calcul | Présentéisme, qualité, image, climat social | Cités dans le dossier, jamais chiffrés |
- Coût total sur trois ans = C1 + C2 + C3.
- Gain total = G1 + G2 + G3, compté sur les années 2 et 3 seulement.
- Rapport bénéfices/coûts = gain total ÷ coût total, l'indicateur employé par l'AISS.
- ROI net = (gain total − coût total) ÷ coût total.
- Point mort = coût total ÷ coût direct d'une journée d'absence, en jours à éviter.
Le point mort est le seul résultat qui ne suppose aucune efficacité. Il exprime le coût du programme en jours d'absence à éviter, et la direction juge alors elle-même si cet objectif est atteignable.
Appliquez deux règles de prudence au calcul. D'abord, ne comptez aucun gain la première année. Cette règle tient au délai observé dans le programme SWiNG et au calcul de la cotisation sur trois ans.
Ensuite, valorisez une journée d'absence à son coût direct, c'est-à-dire le complément de salaire et le remplacement réellement payés. L'EU-OSHA décrit une autre méthode, dite du capital humain, qui multiplie les jours perdus par le salaire quotidien3. Elle suppose que ce salaire mesure la perte de productivité. En revanche, vous vérifiez le coût direct ligne à ligne dans la paie. Pour la ligne G2, partez du coût complet d'un départ.
Exemple : une PME agroalimentaire de 140 salariés
Cet exemple est construit pour l'illustration. Une PME de 140 salariés conditionne des produits frais en trois équipes. La ligne de nuit compte vingt-cinq personnes. En huit mois, deux opérateurs de cette ligne partent en arrêt long et trois autres démissionnent. Sur l'année écoulée, la ligne cumule 380 jours d'absence.
La directrice des ressources humaines (DRH) obtient vingt minutes en comité de direction pour faire financer un programme de prévention. Dans sa première version, elle cite les 2,2 euros de l'AISS. Le directeur financier demande d'où vient le chiffre, puis ce qu'il vaut pour une usine française. La DRH reprend alors le dossier avec le calculateur.
Elle inscrit ses hypothèses en tête du dossier. Une heure de travail coûte 32 euros chargés. Par prudence, elle valorise une journée d'absence à 180 euros en coût direct, sous le coût d'une journée travaillée. Un départ coûte 12 000 euros, recrutement et intégration compris.
| Poste | Année 1 | Années 2 et 3, par an |
|---|---|---|
| Outil d'enquête et volet RPS du document unique | 1 500 € | 1 500 € |
| Questionnaire : 140 salariés × 15 minutes | 35 h | 35 h |
| Groupes de travail : 3 unités × 10 personnes × 3 h, puis la seule ligne de nuit | 90 h | 30 h |
| Pilotage : RH, encadrement, élus du personnel | 60 h | 30 h |
| Formation de 9 managers de proximité, deux jours | 126 h et 3 000 € d'intervenant | Aucun |
| Refonte du planning de nuit et renfort intérimaire de six mois | 16 000 € | Aucun |
| Heures valorisées à 32 € | 311 h, soit 9 952 € | 95 h, soit 3 040 € |
| Total | 30 452 € | 4 540 € |
Sur trois ans, le programme coûte 39 532 euros. Le point mort tombe à 220 jours d'absence évités. Comme aucun gain n'est compté la première année, il faut éviter 110 jours par an en années 2 et 3. Cela représente 29 % des absences actuelles de la ligne de nuit. Chaque démission évitée vaut 67 jours d'absence.
| Scénario | Baisse des absences de la ligne, années 2 et 3 | Départs évités par an | Gain sur trois ans | Rapport bénéfices/coûts | ROI net |
|---|---|---|---|---|---|
| Bas | 15 %, soit 57 jours par an | 0 | 20 520 € | 0,52 | −48 % |
| Central | 30 %, soit 114 jours par an | 1 | 65 040 € | 1,65 | +65 % |
| Haut | 45 %, soit 171 jours par an | 2 | 109 560 € | 2,77 | +177 % |
Le scénario central donne un rapport de 1,65, inférieur aux 2,2 de l'AISS. Le scénario bas ne couvre que la moitié du coût. La DRH présente les trois scénarios, point mort en tête.
Le comité valide le programme et fixe deux points d'étape, à douze et vingt-quatre mois. Les indicateurs retenus sont les jours d'absence de la ligne de nuit et les départs dans la première année d'ancienneté. Comme l'entreprise dépasse cinquante salariés, ces indicateurs servent aussi d'indicateurs de résultat dans son programme annuel de prévention.
Dans ce calcul, l'outil représente 11 % du coût sur trois ans. Pour 50 à 249 salariés, l'offre Essentiel d'Odana est affichée à 1 290 € HT par an, questionnaire et volet RPS du document unique compris. Le point mort tient surtout au temps des salariés et aux actions décidées.
Présenter le dossier à la direction
Présentez d'abord l'obligation, parce qu'elle sort la prévention du débat de principe. Montrez ensuite le point mort et les scénarios, puis gardez les études pour la fin, comme ordres de grandeur.
Évitez trois pratiques qu'un directeur financier relève dès sa première question. La première consiste à citer « 2 à 4 euros par euro investi » sans source ni périmètre. Ne chiffrez pas non plus la motivation ou l'image, que les comptes ne montrent pas. N'imputez pas davantage aux RPS toutes les absences, alors que les repères publiés n'en retiennent qu'une part.
Fixez enfin, avant la réunion, la date du premier point d'étape et les indicateurs que vous y comparerez.
Par où commencer cette semaine
Extrayez de la paie les jours d'absence des trois derniers exercices pour l'unité la plus exposée. Divisez ensuite le coût de votre programme par le coût direct d'une journée d'absence. Pour la ligne outil, reprenez le montant des tarifs publics par effectif.
FAQ
Quel est le retour sur investissement de la prévention ?
Une étude de l'AISS publiée en 2011 aboutit à 2,19 euros de bénéfice par euro dépensé en prévention en général2. Ce chiffre repose sur les déclarations de chefs d'entreprise de 300 sociétés2. Pour les RPS, l'EU-OSHA conclut à la rentabilité des interventions bien organisées et mises en œuvre3, mais les résultats publiés restent très dispersés.
Comment calculer le ROI d'une action de prévention ?
Additionnez sur trois ans les prestations, le temps des salariés et les actions décidées. Estimez ensuite les gains que l'entreprise encaisse elle-même : absences et départs évités, baisse de cotisation AT/MP hors tarification collective. Le ROI net est le gain moins le coût, divisé par le coût.
La prévention des RPS est-elle obligatoire ?
Oui. L'employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs10. À partir de cinquante salariés, chaque mesure du programme annuel de prévention porte l'estimation de son coût12.
Combien coûte le stress au travail en France ?
Une estimation reprise par l'EU-OSHA situe ce coût entre 1,9 et 3 milliards d'euros pour l'année 20073. Elle additionne soins, absentéisme, perte d'activité et décès prématurés3. Ce chiffre porte sur l'ensemble du pays et ne remplace pas le calcul propre à votre entreprise.
Sources
- Prévention et performance d'entreprise : panorama des approches et des points de vue, Pierre Canetto, INRS, mai 2017 ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Prévention des risques professionnels : quels gains ?, Louis Laurent, dossier « Prévention et performance des entreprises : quels liens ? », Hygiène et sécurité du travail n° 278 (DO 47), INRS, mars 2025 ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Calcul des coûts du stress et des risques psychosociaux liés au travail. Analyse documentaire, Observatoire européen des risques, EU-OSHA, 2014 ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- The economic dimension of occupational safety and health management, Guy Ahonen, OSHwiki, EU-OSHA, publié en 2012, mis à jour le 30 juin 2024 ↩ ↩ ↩ ↩
- Une approche économique de la prévention, Joël Poix (OPPBTP), OSHwiki, EU-OSHA, publié en 2015, mis à jour le 3 juin 2022 ↩ ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Investing in treatment for depression and anxiety leads to fourfold return, communiqué de presse, Organisation mondiale de la santé, 13 avril 2016 ↩ ↩ ↩ ↩
- Code de la sécurité sociale, article D242-6-2, Légifrance, version en vigueur depuis le 1er janvier 2018 ↩
- Code de la sécurité sociale, article D242-30, Légifrance, version en vigueur depuis le 1er janvier 2018 ↩ ↩
- Code de la sécurité sociale, article D242-6-4, Légifrance, version en vigueur depuis le 15 octobre 2026 ; décret n° 2026-951 du 13 octobre 2026 généralisant le calcul des taux de cotisation AT/MP au niveau de l'entreprise, Légifrance ↩ ↩ ↩ ↩
- Code du travail, article L4121-1, Légifrance, version en vigueur depuis le 1er octobre 2017 ↩ ↩
- Code du travail, article L4121-2, Légifrance, version en vigueur depuis le 10 août 2016 ↩ ↩
- Code du travail, article L4121-3-1, Légifrance, version en vigueur depuis le 31 mars 2022 ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Code du travail, article R4121-2, Légifrance, version en vigueur depuis le 31 mars 2022 ↩ ↩
Dernière vérification : 14 octobre 2026